Témoignage Etienne DELEAU – Challenge Skierg

Pourquoi le Skierg ?

Après avoir à peu près tout réalisé en aviron-indoor, du 100 kilomètres au 1000 kilomètres, en solo ou en équipe, avec quelques records de France, et 3 records du monde, je voulais de nouveau me challenger en ce début d'été. 

Le Skierg s'est immédiatement imposé à moi comme une évidence. Discipline jeune, avec uniquement des premières performances sur 100 kilomètres, pas au-delà. A moi le 24 heures, le Longest Continual Ski, et le 1000 kilomètres. Une demande auprès d'Incept, afin de savoir s'ils peuvent me prêter une machine, et c'est parti. 

Préparation

Je dispose de deux mois pour maîtriser la technique avant le départ. A quelques semaines de l'échéance, je me rends compte que je ne pourrai pas tenter le 1000 kilomètres, ce type de défi étant trop chronophage (comptez une semaine de course) et énergivore (la récupération du sommeil est assez compliquée), et donc, incompatible avec la période professionnelle que je traverse. 

Pas grave, il me reste trois records du monde à établir pour ma catégorie. Renseignements pris auprès de Dena, de Concept 2 USA, le 100 kilomètres sera inaccessible (7h42), sans mettre en péril la bonne conduite du 24 heures et du Longest Continual.

Je me prépare donc régulièrement, en tentant d'établir aux passages quelques premières marques françaises (en attente de validation). La technique vient bien. Et de toute façon, avec l'expérience du rameur, je sais que la gestuelle évoluera avec la forme physique (qui fait les montagnes russes dans l'ultra-endurance).

Achat des ravitos, mise en place et formalisation de l'emplacement du défi (en plein milieu du salon, merci à la patience de ma Femme), départ assez tôt, prévu le dimanche 1er juillet, afin de profiter de la nuit à skier, ce qui ne gênera personne.

Jour J

Lever à 8h du matin, pour un départ à 8h30. Je programme la machine sur 100 kilomètres, afin de valider au passage un premier record de France. 5 litres de divers liquides d'avance pour le ravitaillement, et le minimum pour l'instant en nourriture. Car je me connais maintenant, je sais que je ne serai pas capable de manger solide avant la 8ème ou 10ème heure d'effort. Je pars tranquille, en espérant passer le 100 kilomètres en moins de 10h. Des pauses de 3 minutes à chaque heure, afin de me sécher, et faire un lavage complet des mains, puis tartinage de talc et magnésie pour prévenir les mains de l'ennemi héréditaire de l'ultra-sportif: LA CLOQUE. Du moment que je n'excède pas plus de 10 minutes de pause, je reste dans les clous pour le Longest Continual. Je suis maintenant habitué à cette distance, et le parcours se passe sans encombre. Juste la chaleur de début juillet qui est quelque peu enquiquinante passé 11 heures du matin. J'ai faim plus tôt que prévu, c'est bon signe. Je mange quelques denrées salées à l'heure de l'apéro, car l'heure de l'apéro, c'est sacré, sport ou pas ; et chemine vers l'arrivée du 100k qui se fera au bout de 9 heures et 23 minutes. Première marque française sur 100 kilomètres pour un français. 

Une douche rapide afin de nettoyer la peau (qui aura un effet très relatif, étant donné que je sue de nouveau sitôt sorti de la cabine), puis je remonte, après 9 minutes de pause. Dorénavant, je ne skie plus avec la machine programmée, je laisse défiler le chrono et la distance. Toutefois, ayant skié à plus de 10 Km/heure sur la première séquence, je passe maintenant à 8-9 Km/heure. Les mains sont endolories, et cela devient problématique. Tout le reste du corps est assez "frais", malgré la chaleur, mais les mains font mal. 

Je vais skier régulièrement, tout au long de la soirée, et voir combien de temps je tiens dans la nuit pour établir le plus long Longest continual possible. J'irai ainsi jusqu'à 3 heures du matin, avant de faire une sieste plus longue. J'en suis à un peu plus de 170 kilomètres parcourus.

Réveil vers 4 heures, je reprends les poignées, et y retourne tout doucement. Je sais que je suis le premier. Et, inconsciemment, je dois me dire que les 200 kilomètres seront pour une prochaine fois. 

18h25 minutes pour le Longest continual ski. 175 162 mètres pour le 24 heures, voici les deux premiers ultra-records du monde établis par un français en SkiErg. Content de l'avoir accompli (les avoirs accomplis). 

Merci à INCEPT pour le prêt de la bête, et au Cercle de l'Aviron de Nantes pour la partie logistique.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

 Publié le Jeudi 20 Septembre 2018